Du sous-texte dans la littérature de genre
La littérature de genre n’est-elle que divertissement ? Non, bien sûr ! Elle peut aussi être engagée, faire passer des messages et raconter beaucoup sur son autaire, même par des histoires merveilleuses de combats épiques et de créatures fantastiques !
La dystopie, étendard de la critique
Quand on pense à une histoire qui mêle divertissement et critique, on songe souvent à la dystopie. Hunger Games en est un parfait exemple, avec ses combats épiques, ses drames haletants et sa réflexion sur les révolutions. On voit donc déjà avec ce genre qu’on peut faire passer des messages par la fiction, et pas uniquement dans des essais.
La dystopie a même une faculté d’immersion formidable : elle permet d’observer une simulation des risques qu’elle dénonce. Même si les projections de la dystopie ne sont pas toujours exactes et doivent se plier parfois aux nécessités du récit, elle reste une plongée qui ouvre la réflexion sur le passé, le présent et l’avenir à l’aune de nos choix sociaux, politiques et technologiques.
Images, métaphores et analogies : un merveilleux divertissement pour représenter l’indicible
Parfois, le message se fait moins explicite. Comme les formes abstraites d’une peinture moderne ou les mouvements d’une chorégraphie représentent une idée, une émotion, un mot, les images, archétypes et créatures présentes dans les romans de SFFF servent de métaphores pour des éléments bien concrets de notre monde.
Tout cela vous perd ? Prenons un exemple. Le voyage d’Angèle dans le Mäasgard n’est-il qu’une visite d’un monde imaginaire… ou la représentation de l’échappée mentale dans mille espaces rêvés, du désir d’ailleurs et de la recherche de soi ? De même, les théories ne manquent pas pour expliquer ce que représentent du monde réel les peuples de la Terre du Milieu, le lion Aslan ou la Poussière d’À la croisée des mondes. Tout en décrivant un ailleurs, l’autaire ne peut s’empêcher de parler de notre monde… et surtout d’ellui-même.
Auto-analyse de la psyché de l’autaire par ses personnages
Ignorer qu’un livre dit toujours quelque chose de son autaire et de son époque serait vain. J’ai essayé, moi aussi, de n’écrire « que » des divertissements. Mais même un livre qui n’a pas spécialement été écrit dans le but de délivrer un message en délivre un quand même. Ne serait-ce que parce qu’il parle de son époque et du ressenti de l’autaire.
Le message personnel de l’autaire n’est pas forcément à chercher dans une intrigue plus ou moins simple, mais plutôt dans les traits de ses personnages. Ce sont eux, avant tout, qui vont retranscrire les affects de l’écrivainx. Attention cependant à ne pas chercher un portrait fidèle de l’autaire dans son personnage principal. En ce qui me concerne, j’ai plutôt disséminé des aspects de moi dans tous mes personnages, les mêlant avec des traits qui ne sont pas les miens. C’est un peu comme chercher des indices dans une scène : tous les indices ne sont pas au même endroit et tous les objets ne sont pas des indices.
J’espère avoir pu vous donner avec ce billet un peu plus « méta-philosophique » quelques éléments de réflexion sur ce sujet passionnant ! Dites-moi en commentaire ce que vous avez pu vous-même percevoir, en tant que lectaire ou écrivainx, à ce sujet !
À très vite !
Sasha T.
